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Au nom du père


Le combat anachronique des femmes mariées contraintes d'adopter le patronyme de leurs maris

Le Larousse définit le mariage comme un "acte solennel par lequel un homme et une femme (ou, dans certains pays, deux personnes de même sexe) établissent entre eux une union dont les conditions, les effets et la dissolution sont régis par le Code civil (mariage civil) ou par les lois religieuses (mariage religieux) ; union ainsi établie". Nulle trace de dot, ou de changement d'identité. Et pourtant ...
Retraçons brièvement l'histoire des noms de famille pour mieux comprendre le combat des femmes refusant de changer le leur. En Gaule, l'invasion romaine vulgarise d'abord  l'usage simultané du paenomen (hérité du père)-nomen (hérité du père)- et congnomen (surnom parfois hérité du père !). L'identité est alors uniquement déterminé par l'inné et permet aux castes romaines de se constituer plus facilement. Les invasions barbares signent cependant bientôt le retour de l'usage d'un unique prénom non transmissible. La royaume des Francs christianisé admet par la suite de plus en plus de prénoms de saints. La croissance de la démographie au XII ème siècle ne permet plus de différencier les individus par leurs seuls prénoms. Les noms, inspirés de la profession, de la localité ou des qualités physiques ou morales d'une personne, apparaissent alors pour distinguer les individus des uns des autres. Progressivement ces noms seront retranscrits et fixés par les administrations royales. Et les enfants ? C'est souvent ce qu'on considère être le grain de sable de cette logique si limpide. A la première génération, on peut en effet utiliser les deux noms mais à la deuxième ? En pure pragmatique, j'aurai simplement tendance à laisser le choix au hasard si aucune préférence n'est formulée.

 En France, en 1995, 91% des femmes mariées portaient le nom de leurs époux. Par corollaire, 9% seulement avaient conservé leur nom de naissance. Pour beaucoup de personnes interrogées à ce sujet dont certaines se réclamant "féministes", cela n'a pas d'importance : qui se soucie d'une simple suite de lettres dans une période de chômage de masse et de montée des tensions identitaires ? 

Aujourd'hui, l'usage conjugué de notre prénom et de notre nom ne nous dispensent que rarement des homonymes. Il reste pourtant primordial. Au sein de notre environnement social, c'est le marqueur de notre individualité. Nous grandissons avec lui, partie intégrante de notre histoire personnelle. Il évoque aussi nos racines, notre héritage familial. Pourquoi ce dernier ne pourrait-il être transmis que par les garçons ? Renoncer à son nom pour celui de son mari (ou de sa femme mais le cas n'a que peu d'exemples), c'est renier ce qui nous définissait pour une identité qui ne nous correspond pas, ne nous appartient pas. Accoler le nom de son mari à la suite du sien n'a pas davantage de sens. Cela prouve certes que l'on a su vivre sans époux mais c'est malgré tout attribuer au mariage un changement de son être profond. Puisque notre nom nous définit aux yeux de notre environnement social, en changer revient à reconnaître que l'on souhaite modifier le regard que porte ce-dit environnement sur nous. Or je ne crois pas que le mariage nous change si fondamentalement. Si c'était le cas, les hommes aussi accoleraient le nom de leurs épouses. Ne semble t'-il pas plus souhaitable que l'union de deux êtres ne soit pas accompagnée de la confiscation de l'identité d'autrui pour l'imposition d'une tierce ? Ce qui semble naturel s'apparente pourtant à un combat pour de nombreuses femmes : les banques, administrations, mutuelles s'obstinent souvent à attribuer à la mariée le nom de l'époux. Le magazine Psychologies ose même le comparer à un complexe d'oedipe mal résolu. Aucune référence par contre au masculinisme évident de la tradition du patronyme...

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